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  • Photo du rédacteurStanislas Coupez

Néron

Bonjour à toutes et à tous. Cette semaine, nous allons retracer l’histoire d’un des personnages les plus controversés de l’Histoire : Néron, empereur romain. Dans cette vidéo, nous allons retracer son histoire et surtout, faire la lumière sur le mystérieux et gigantesque incendie de Rome, à cause duquel Néron se fit accuser d’avoir fait brûler la ville pour la reconstruire à son image.



Buste en marbre de Néron, vers 55-59, Musée archéologique national de Cagliari

Néron est né en 37 après J.-C. Son père se nomme Gnaeus Ahenobarbus et sa mère, Agrippine la jeune. On raconte qu’à la naissance du jeune Néron, que sa mère veut faire monter sur le trône, un mage serait venu et aurait dit : « Cet homme règnera, mais il tuera sa mère ». Au lieu d’en être inquiétée, celle-ci aurait répondu : « Eh bien qu’il me tue, pourvu qu’il règne ! ».


Pendant son enfance, Néron n’est pas très inspiré par son père, un homme violent, qui, pour s’amuser, fonce avec son char dans les rues pavées et étroites pour tuer des enfants, ou alors, qui à la suite d’une dispute avec une personne, lui arrache un œil.


Agrippine, sa mère, est prise dans les enjeux politiques. L’empereur régnant à cette époque, Caligula, sombre peu à peu dans la folie et l’accuse de complot contre sa personne. La mère de Néron est condamnée à l’exil, et confie son fils à une nourrice.

Buste en marbre d’Agrippine la jeune, provenant de la ville d'Emerita Augusta (aujourd’hui Merida, en Espagne), daté de la seconde moitié du ier siècle apr. J.-C.

Quand Caligula meurt, assassiné par sa propre garde, Claude, le nouvel empereur, fait revenir Agrippine, qui retrouve son fils. Elle le confie à un précepteur, nommé Sénèque, qui entretiendra de grands liens d’amitié avec le futur empereur.


Agrippine n’a qu’un désir : voir son fils accéder au trône. C’est une chose totalement faisable, car ils sont des descendants directs d’Auguste, premier empereur romain, et font donc partie de la dynastie des Julio-claudiens. Pour voir Néron régner un jour, elle met au point un plan.


Premièrement, elle doit se faire épouser par l’empereur Claude. Mais un problème se pose : Agrippine est la nièce de Claude, et la loi romaine interdit l’inceste. Mais Claude ne s’en soucie pas, et modifie la loi à son profit. La mère de Néron est donc impératrice.


Deuxièmement, il faut que Claude adopte Néron, car Claude a déjà un fils, Britannicus. Heureusement pour Néron, Claude accepte de l’adopter.


Mais au fil du temps, le plan si minutieusement orchestré par Agrippine perd de sa valeur : en effet, Claude commence à voir clair de son jeu. Il ne reste plus qu’une solution à la mère de Néron : l’assassinat.

Buste de Claude portant la couronne civique, Marbre, œuvre romaine,entre 41 et 54 apr. J.-C. Naples, musée archéologique national de Naples

Étant donné que Claude est très glouton et voue une passion pour les champignons, Agrippine lui en prépare un plat… empoisonné. Quand il en mange, Claude est pris de malaise, et on fait venir un médecin pour que celui-ci lui chatouille la gorge avec une plume et lui fasse vomir le poison. Malheureusement, la plume est sans doute empoisonnée, et fait mourir Claude.

Néron est maintenant empereur à 14 ans, la maturité… mais pas vraiment. Pour être vraiment apte à régner, il faut avoir 17 ans, mais cela ne pose aucun problème à Néron et à sa mère.


Néron doit prononcer deux discours : l’un pour rallier la garde prétorienne, la garde qui défend son palais, et l’autre pour rallier le Sénat. Néron se fait acclamer, et remporte une grande victoire politique.


L’empereur est maintenant presque adulte lorsque va se dérouler un évènement dramatique : la mort de Britannicus. Le jeune homme, un jour de banquet, avait demandé un verre d’eau chaude, mais, la trouvant trop chaude, demande de l’eau froide pour rafraîchir sa boisson. À peine a-t-il bu qu’il tombe par terre et meurt. On a souvent accusé Néron de l’avoir assassiné, logiquement avec du poison. Mais, parmi tous ceux utilisés dans l’Antiquité, aucun ne tue aussi vite. Le mystère reste entier…

Buste de Britannicus, conservé au palais royal de Stockholm

Mais Néron en a maintenant assez du joug de sa mère, qui dirige pratiquement toute seule les affaires de l’État. Pour l’écarter, Néron n’a qu’une solution : la tuer. Il envoie donc des soldats l’assassiner, sous prétexte de complot. Agrippine aurait déclaré au soldat qui s’apprêtait à la tuer : « Frappe au ventre, là où j’ai porté ce monstre ».


Une autre affaire a marqué les esprits, qui, par contre, a une ampleur dix fois plus considérable : le grand incendie de la ville de Rome. Néron s’est fait accuser d’avoir brûlé la ville pour la reconstruire à son image, et l’on a même dit, qu’il aurait regardé la ville brûler en chantant.


Nous sommes le 18 juillet 64 apr. J.-C., par une nuit venteuse, au Circus Maximus. Celui-ci est bordé d’échoppes construites en bois et sont chauffées par des braseros. Selon les sources, une personne aurait laissé des torches allumées, qui ont incendié les échoppes de bois. De là, le feu se propage dans toute la ville et prend une ampleur considérable. À ce moment, Néron est parti se reposer dans une villa éloignée. Quand il arrive à Rome, la ville brûle déjà depuis deux jours.


Contrairement à ce qu’on dit, Néron n’est pas resté statique à regarder Rome brûler. Il a aussitôt pris des mesures énergiques et a fait intervenir ses pompiers. La technique de l’époque, consiste à faire s’écrouler le bâtiment en feu, pour étouffer ce dernier. Malheureusement, le feu s’est déjà propagé un peu partout, et l’action des pompiers reste infructueuse.

Représentation du grand incendie de Rome, avec au premier plan Néron et en arrière-plan les ruines de la ville en flammes, d'après un tableau de Karl Theodor von Piloty (vers 1861)

Après une pause, l’incendie reprend. C’est là que la légende noire de Néron prend sa forme : on aurait vu des silhouettes jeter des torches pour reprendre le feu. En réalité, cette vision est partie de la panique qu’avait provoqué l’incendie. De plus, des expériences ont prouvé que les quelques braises restantes se sont propagées à cause du vent, et tout ce processus a fait reprendre le feu.


Néron doit maintenant trouver un bouc émissaire, qu’il trouve facilement : les chrétiens. Ça ne voulait pas dire que les chrétiens avaient déclenché le feu, mais cette petite population était vue d’un mauvais œil par les Romains. De plus, ces derniers ne pouvaient tolérer que ces chrétiens adorent une personne qu’ils avaient crucifiés, car il faut savoir qu’à Rome, la crucifixion est le châtiment par excellence.


Les répressions vont s’ensuivre. La pire d’entre toutes est sans doute celle-ci : les torches vivantes. Néron faisait planter des pieux dans ses jardins, fixait les chrétiens dessus, et les faisait brûler. On dit qu’il se promenait dans ses jardins à la lumière des chrétiens.

5ème - Si on révisait : Le christianisme dans l’empire romain - YouTube

Nous allons maintenant parler d’une des pires hécatombes du règne de Néron. Les sénateurs, conscients de la dangerosité de Néron, qui ne participe pas vraiment aux affaires d’État et qui ne remplit pas ses devoirs d’empereur, décident de monter un complot pour l’éliminer. À leur tête, le sénateur Pison.


Malheureusement, l’un des sénateurs dévoile la conjuration et tous les comploteurs sont torturés. Comme ils n’ont pas l’habitude d’être malmenés, si je puis dire, les sénateurs de trahissent les uns les autres et se font tous tuer, dont Pison. Néron fera même assassiner Sénèque, son ancien précepteur, accusé de comploter contre lui.


Nous arrivons maintenant à la fin du règne de Néron : celui-ci sombre de plus en plus dans la mégalomanie. Le Sénat le déclare alors ennemi public et la garde prétorienne l’abandonne dans son palais. Néron se réveille seul, va frapper à la porte de ses amis, mais tous lui ferment la porte au nez. Il aurait alors déclaré : « Je n’ai plus ami ni ennemi ».

Vassili Smirnov, La Mort de Néron, 1888, Musée russe

Il s’enfuit alors dans la villa d’un de ses affranchis, et lui demande quel sera le châtiment s’il se fait attraper. Réponse : on lui mettra une fourche autour du cou et on le flagellera à mort. Voulant à tout prix éviter cela, il décide de se suicider. Il s’enfonce un glaive dans la gorge, mais ne le fait pas bien, tombe sur le sol, des geysers de sang sortent de sa gorge, son visage se contracte. Il aurait déclaré avant de mourir : « Quel artiste périt en moi ».


J’espère que cet article vous a plu et que vous avez pu apprendre des choses sur ce grand personnage historique. Je vous dis au revoir et à bientôt pour un prochain article.

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