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  • Photo du rédacteurStanislas Coupez

Toutânkhamon

Bonjour à tous. Aujourd’hui, nous allons parler du plus méconnu des pharaons connus, Toutânkhamon. Nous revivrons le récit de la découverte de son trésor par l’égyptologue britannique Howard Carter, et nous lèverons le voile sur l’histoire de la malédiction de Toutânkhamon. Enfin, nous verrons l’histoire de sa vie, et le rôle qu’a joué son père, le pharaon Akhenaton.


Nous sommes le 4 novembre 1922. Un fellah, une sorte d’ouvrier effectuant des fouilles, découvre une marche. Howard Carter, le directeur des fouilles, en est immédiatement informé. Les marches formant un escalier sont dégagées les unes après les autres, et enfin, Carter arrive devant un mur scellé, portant le cartouche du pharaon Toutânkhamon. Néanmoins, il aura fallu du temps et de la persévérance pour arriver jusque-là.


Nous sommes en 1921. Lord Carnarvon finance une campagne de fouilles dans la Vallée des Rois, près de Thèbes, dirigée par l’égyptologue britannique Howard Carter. Theodore Davis, égyptologue américain, avait déjà fait des fouilles près de là, et en avait déduit qu’il n’y avait plus de tombes. Pourtant, il avait découvert de petits objets portant le nom de Toutânkhamon.


Carter, donc, fait tout pour retrouver la tombe de Toutânkhamon, car, il en est sûr, elle est cachée quelque part. Au début de l’année 1922, les recherches sont toujours infructueuses. Carnarvon, découragé, propose d’arrêter. Mais Carter n’en démord pas : la tombe leur a échappé.


Carnarvon, exaspéré, lui accorde un dernier laps de temps au terme duquel, s’il n’a rien trouvé, les fouilles s’arrêtent là.


Heureusement, le 4 novembre de la même année, l’escalier de 16 marches est exhumé. Après avoir invité Lord Carnarvon et sa fille Lady Evelyn, Carter creuse un trou dans la roche. Quand ce dernier est assez gros pour pouvoir y passer une bougie, Carter observe l’intérieur. Grand silence. Carnarvon, impatient, lui demande : « Que voyez-vous ? », et Carter lui répond : « Des merveilles ! ».


En effet, devant l’égyptologue et son financier, se trouvent un amoncellement de richesses, dont plus de la moitié n’aurait pas appartenu au défunt pharaon. Mais j’y reviendrais après.


Il faudra plusieurs années pour sortir tous ces trésors du tombeau, les photographier, les répertorier, les ficher, etc…


Malheureusement, en 1923, une terrible nouvelle jette un froid sur l’équipe d’archéologues : Lord Carnarvon est mort. On a alors accusé Toutânkhamon de se venger…


Dans les journaux, on relate une découverte, totalement fausse, par ailleurs, d’une plaque de bois sur laquelle serait gravé en hiéroglyphes : « Quiconque profanera ce tombeau sera visité par les ailes de la mort ». Le riche financier de la campagne de fouilles serait-il décédé d’une mort surnaturelle ?


Ce serait le père de Sherlock Holmes, Sir Arthur Conan Doyle, qui aurait propagé cette légende, lui qui était adepte de mystères et de faits surnaturels. Une thèse improbable, qui sera peut-être un jour balayée par une autre.


De plus, Lord Carnarvon avait une santé très fragile, et c’est d’ailleurs pour cela qu’il était en Égypte, envoyé sur le conseil d’un médecin pour se remettre d’un grave accident de voiture. En fait, il avait été piqué par un moustique, et cette piqûre s’est infectée, ce qui a provoqué son décès.


Passons maintenant à la découverte de la momie de Toutânkhamon. Howard Carter découvre une autre pièce. Quand il y pénètre, il se retrouve face à un mur d’or. Un mur d’or, qui se révèle en fait être une grande chapelle dorée remplissant toute la pièce. Quand Carter, aux prix de lourds efforts, parvient à l’ouvrir avec son équipe, il se retrouve face à… une seconde chapelle ! En tout, 4 chapelles seront démontées par les explorateurs.


Quand la dernière chapelle s’ouvre sous les yeux des archéologues, l’on découvre une grande cuve fermée par un lourd couvercle. Grâce à un système de poulie, ce dernier est soulevé et l’équipe de Carter, ainsi que ce dernier, se retrouvent face à l’effigie en or massif du pharaon : le sarcophage. En vérité, ce n’est que le premier, car trois sarcophages protègent la momie de Toutânkhamon.


Enfin, les archéologues découvrent la momie, en piteux état, il faut le dire. Sa tête, quant à elle, est protégée par un masque d’or de 11 kilos, fait en or massif et incrusté de lapis-lazuli, ainsi que de pierres semi-précieuses. Malheureusement, le masque, ainsi que la momie, sont très difficiles à retirer du sarcophage, car de la résine déposée sans doute lors de l’enterrement a collé le pharaon au sarcophage.


Même en l’exposant au soleil par des températures intenses, la résine ne fond pas. Carter est obligé de l’emmener dans une autre tombe pour retirer la momie grâce à un système de poulies. Hélas, celle-ci est abîmée lors de l’opération.


Aujourd’hui, les trésors de la tombe sont exposés au musée du Caire, sous les yeux ébahis de centaines de visiteurs. La momie de Toutânkhamon, quant à elle, est restée dans la tombe. Des tests ADN ont prouvé récemment qu’il était le fils du pharaon Akhenaton. Mais son histoire est assez trouble.


Toutânkhamon est né en -1345, sans doute à Akhetaton, la ville fondée par son père. Le jeune enfant est le onzième pharaon de la XVIIIe dynastie. Mais remontons le temps et remettons-nous dans le contexte historique.


Son père, Akhenaton, est détesté d’une grande partie de la population, car il a instauré ce qu’on pourrait appeler la première forme de monothéisme, c’est-à-dire de croyance en un seul dieu. En l’occurrence, il s’agit d’Aton, le dieu solaire. Mais pourquoi cette réforme ?


Eh bien, à l’époque, les différents dieux formant le Panthéon égyptien sont vénérés dans des temples, dirigés par des prêtres. La population est invitée à aller donner des offrandes au temple.


En conséquence, ces derniers s’enrichissent, deviennent de plus en plus puissants, et peuvent rivaliser avec le pharaon. Ça, Akhenaton l’a bien compris, et il n’en veut pas. Il décide donc d’instaurer le culte d’un seul dieu.


Mais cette décision a quand même de graves conséquences. Akhenaton ordonne à des personnes d’aller dans les temples et de marteler tous les cartouches (les ovales dans lesquels sont inscrits les noms des pharaons et des dieux) portant le nom d’Amon ou de toute autre divinité n’étant pas Aton. Les statues, aussi, sont détruites, et les prêtres essayent coûte que coûte de les cacher.


Pour terminer, Akhenaton décide de construire une nouvelle capitale, sur le site actuel de Tell-el-Amarna. Cette ville, il la nomme Akhetaton.


C’est dans cette grande révolution et dans cette ville que naît sans doute le jeune Toutânkhamon. Précisons d’ailleurs que ce n’est pas son nom de naissance : le vrai est Toutânkhaton. Mais je vais d’abord vous expliquer la signification de ce nom.


Tout signifie « image », ânkh signifie « vie, vivant, vivante », et Amon est le dieu du même nom. En gros, si l’on traduit, cela signifie « Image vivante d’Amon », ou « Image vivante d’Aton » pendant le règne de son père.


Lors de la mort d’Akhenaton, le jeune Toutânkhaton est nommé pharaon. Une lourde responsabilité, pour un enfant qui n’a que 9 ans. Mais ses conseillers, et notamment le vizir Aÿ (en Égypte ancienne, le vizir est à peu près l’équivalent de notre Premier ministre), l’aident dans ses premières années de règne.


Le pharaon épouse Ânkhésenpaaton, qui change son nom en Ânkhesenamon. Elle lui donnera deux enfants… mort-nés, retrouvés dans le tombeau de Toutânkhamon dans une boîte en bois.


Après environ 10 ans de règne, à 19 ans, Toutânkhamon meurt. C’est là qu’une grande question va apparaître : comment est-il mort ?


Quatre hypothèses vont apparaître : le pharaon a été assassiné, le pharaon est tombé de son char et s’est tué, le pharaon est mort au combat, et le pharaon est mort d’une blessure qui se serait infectée.


Pour ma part, je penche plutôt pour la dernière hypothèse : en effet, des études sur sa momie ont prouvé que le jeune pharaon avait un pied bot, une malformation de la cheville, due à la vilaine habitude qu’ont les pharaons de se marier entre frères et sœurs pour conserver un sang pur.


Toutânkhamon souffrait apparemment de crises d’épilepsie, il aurait donc pu tomber à la suite d’une de ces crises, et se fracturer le fémur, comme des spécialistes l’ont remarqué en examinant la momie. La blessure se serait infectée et Toutânkhamon serait mort.


Sa tombe n’étant pas prête, le vizir Aÿ, ne sachant quoi faire, l’aurait enterré dans sa propre tombe. Néanmoins, ce dernier n’était pas mécontent de la mort du pharaon, car il lui succéda. Il fit même détruire tous les cartouches, dans les temples ou autre part, portant le nom de Toutânkhamon. Mais ne vous inquiétez pas, Aÿ a été bien puni : sa tombe a été totalement pillée, tandis que celle de Toutânkhamon est restée intacte pendant 3000 ans.


Quoi qu’il en soit, Toutânkhamon restera à jamais dans nos mémoires, comme le plus grand et le plus prestigieux des pharaons. C’est également le plus connu, et ses trésors sont visités chaque année par des centaines de visiteurs. J’espère vous avoir appris des choses et je vous dis au revoir et à bientôt pour un prochain article.



Masque funéraire en or de Toutânkhamon (Musée égyptien du Caire)

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